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Friz, membre du groupe marseillais Ghetto Phénomène, est actif au sein de la scène phocéenne depuis de nombreuses années, mais n’avait pas encore sorti de projet solo avant l’album Paradoxe, disponible depuis le 27 mai dernier. C’est à cette occasion que nous avons réalisé un entretien pour retracer son parcours et évoquer ce disque.

 

ADRIEN : Bonjour Friz, peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas, et revenir sur ta carrière jusqu’ici, avec Ghetto Phénomène puis en solo ?

 

FRIZ : Bonjour tout le monde, je suis Friz, rappeur de Marseille, du groupe Ghetto Phénomène, ancien groupe de Jul. Je suis dans la musique depuis à peu près une quinzaine d’années, à la base je faisais ça dans mon coin pour m’amuser. J’aimais bien écrire, j’ai toujours aimé écouter du rap, voire divers types de musique, tu vois. Au collège, c’est là où j’ai rencontré tous les membres du Ghetto Phénomène, Jul, Houari, Veazy et Bilk. Comment s’est formé le groupe, ensuite, comme je te disais tout à l’heure, chacun faisait de la musique de son côté. On a fait un son ensemble, et les gens ont kiffé, ils ont vraiment kiffé le son qu’on avait fait, et de là j’ai eu l’idée de former ce groupe, Ghetto Phénomène. Pour parler de ma carrière solo, eh bien je ne me suis lancé que récemment. J’aurais pu, j’aurais dû sortir des sons à l’époque en solo, j’en ai sorti quelques-uns quand même. Mais c’était pas vraiment sérieux, c’était plus pour le fun, pas pour me différencier du groupe ou quoi.

 

A : À l’époque où tu as commencé, quels étaient les premiers rappeurs qui t’ont inspiré ?

 

F : Dans les premiers rappeurs qui m’ont inspiré, aux États-Unis, y’a 2Pac, Biggie, Puff Daddy. Après, en France, j’ai plus écouté du Secteur Ä, du Rohff, du B2O, un peu de tout. Après, j’ai pas vraiment d’influence, par rapport à certains rappeurs, mais c’est les rappeurs qui m’ont plus ou moins donné l’envie de me lancer dans la musique.

 

A : Le succès de Jul, ton ami de longue date, a-t-il eu une influence sur la manière de travailler des artistes marseillais de cette génération ?

 

F : Ce qu’il a fait et ce qu’il fait, frérot, je vais pas te mentir, c’est incroyable. Moi j’ai commencé avec lui, on était plusieurs dans sa chambre à enregistrer, et le voir là remplir des Vélodromes, des Zéniths, c’est incroyable frérot. Maintenant, dans la façon de travailler, ça peut que t’inspirer, parce qu’il a instauré un truc dans le rap français, c’est la productivité. C’est une machine le type, c’est réel, maintenant ce qu’il faut faire c’est travailler, travailler, travailler, envoyer, envoyer, envoyer. C’est un exemple qu’il faut suivre.

 

A : As-tu ressenti, à titre personnel, un boost de popularité suite à tes apparitions sur 13 organisé et Le classico organisé ?

 

F : Faut pas le nier, bien sûr, sachant que comme je te disais précédemment, moi, à la base, j’étais pas vraiment dans l’optique du solo. Le fait que chaque membre du Ghetto Phénomène soit sur différentes tracks, ça permet de plus nous identifier, et oui, ça m’a apporté, beaucoup même.

 

A : C’était donc le moment parfait pour enchaîner avec un album ?

 

F : L’album était déjà en projet, mais le fait d’avoir participé à 13 Organisé et au Classico Organisé, ça m’a donné plus de visibilité et d’écoutes.

 

A : Peut-être que l’album serait arrivé plus tard s’il n’y avait pas eu ça ?

 

F : C’est vrai, d’autant plus que l’album, normalement, comme je t’ai dit, aurait normalement dû sortir juste après Le Classico Organisé, mais il y a eu quelques pépins donc on a décalé.

 

A : L’album s’appelle Paradoxe, qu’est-ce qui est paradoxal dans ta vie et ta carrière ?

 

F : En gros, si tu veux, la période durant laquelle j’enregistrais les sons était bizarre. Y’a des jours où j’étais d’humeur joviale, je me disais : « Allez, je vais poser sur un son qui bouge », et d’autres jours où ça avait rien à voir, c’était totalement paradoxal. Pendant un bon moment ça s’est passé comme ça, et en en parlant avec ma femme, c’est elle qui me dit : « Pourquoi tu l’appelles pas simplement Paradoxe ? » et le titre est venu comme ça.

 

A  : C’est marrant, parce qu’il y a AM La Scampia sur ton album, sur le titre Funky Cops, qui vient de sortir le même jour que toi l’album Triste fête, et c’est la même idée au long de l’album. Je ne sais pas si vous vous êtes concertés sur ce sujet…

 

F : Pas du tout, vraiment pas du tout. Figure-toi qu’il y a pas très longtemps, j’ai été invité à son Planète Rap et c’est à ce moment-là qu’il m’a évoqué la raison de son choix de son titre d’album.

 

A : J’ai d’ailleurs publié une chronique de son album sur Scred Magazine, et j’ai eu son retour dessus, il semble avoir la même vision que toi du sujet.  Comment se sont faites les connexions avec les différents invités du projet, comme AM La Scampia, Elams ou Dabs, datent-elles du Classico Organiséou se sont-elles faites autrement ?

 

F : AM, je l’écoutais déjà avant, Elams lui, il a fait partie de l’aventure avec nous depuis le début. Il venait souvent chez le J, on enregistrait des sons ensemble, donc ça fait longtemps que je le connais. Dabs, ça a été plus par rapport à mon ancien manager, qui m’a mis en contact avec son manager, ensuite on a discuté, et y’a un bon feeling qui est passé. Ensuite je lui ai envoyé un son, Allo, et il m’a répondu direct : « Ce son-là, il tue, je veux poser dessus », voilà comment le son s’est fait.

 

A : Il y a également le rappeur autrichien Joshi Mizu sur l’album, sur le morceau Life Style, comment s’est faite la connexion ? Ce n’est pas la première fois que tu collabores avec un autrichien, Ghetto Phénomène a déjà invité RAF Camora sur Fratello.

 

F : Pour Joshi, c’est par rapport à RAF Camora, on a eu l’occasion de monter en Autriche pour tourner le clip de Puta madre, qui était extrait de son album. On est restés là-bas une ou deux semaines, et on a eu l’occasion de côtoyer tous les membres de son équipe, et Joshi était là. J’avais écouté des sons de lui, notamment un qui s’appelle Chardonnay, et, je te mens pas, j’avais kiffé le del et tout, et je me disais : « Ça serait méchant que je fasse un son avec lui », et quand j’ai su que j’allais faire mon projet je m’étais dit : « Faut que je le mette, ça me plaît ce qu’il fait », donc j’ai demandé une collab, et, franchement, sans hésitation, il a accepté avec grand plaisir.

 

A  : Récemment, Lacrim a évoqué en interview une idée de compilation à l’image du Classico Organiséà l’échelle européenne, toi c’est le genre de concept qui t’irait ?

 

F : Totalement, gros big up à Lacrim, c’est le poto d’ailleurs. S’il est amené à finaliser ce projet, bah je suis là hein !

 

A : D’ailleurs lui, même hors projets, il se mélange beaucoup aux rappeurs européens, il a sorti récemment Don Corleone avec un danois, Sleiman, et un albanais, Kidda.

 

F : C’est lourd, c’est lourd, c’est lourd.

 

 

A : Tu t’appelles Friz, et, entre ton début de carrière et ton émancipation en solo, un certain Freeze Corleone est apparu dans le paysage. Avec l’envergure qu’il a prise, est-ce qu’à un moment tu t’es posé l’idée de changer de nom pour te distinguer ? Par exemple, quand je disais à des potes : « Je vais faire l’interview de Friz », ils pensaient que je parlais de l’autre (rires).

 

F : Tu sais, moi, j’ai le pseudonyme Friz depuis 2009. Depuis 2009, tout le monde sait que je suis Friz. Peut-être que j’aurais dû envoyer des sons solo avant pour mieux m’identifier, car on m’identifie beaucoup au groupe. En solo, par rapport à mon blaze, maintenant qu’il y a Freeze Corleone, c’est compliqué un peu. À l’écrit ça va, c’est à l’oral que des fois c’est compliqué. Sinon, on m’appelle Zer aussi, et il y a quelques temps, je me suis posé la question d’enlever Friz et garder Zer, mais au final on a gardé mon nom initial.

 

A  : Je crois qu’en début de carrière, Kalash Criminel a eu ce questionnement par rapport à Kalash, mais au final regarde où en sont les deux, tout va bien pour eux, ils ont même fait un titre ensemble. Pour l’avenir, l’objectif est davantage d’enchaîner avec d’autres projets solo pour être mieux identifié aux yeux du public, ou de revenir avec de nouveaux projets de groupe ?

 

F : C’est totalement dans mes projets de balancer un autre truc derrière pour enfoncer le clou, je vais pas mentir, tenez-vous prêts.

 

A : Je suis prêt, Scred Magazine est prêt également.

 

 

L’album Paradoxe de Friz est disponible dans les bacs et sur toutes les plateformes de streaming.

 

Interview réalisée par Adrien

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