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Aketo, membre iconique du groupe Sniper, a longtemps eu la carrière solo la moins fournie du trio. Depuis quelques années, il semble déterminé à rattraper le temps perdu, et dévoile son troisième projet en trois ans, Zone bleue, pour lequel il nous a accordé une interview réalisée à la Scred Boutique.

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ADRIEN : Bonjour Aketo, tu reviens avec un nouveau projet intitulé Zone bleue, peux-tu expliquer la signification du titre ?

AKETO : Zone bleue, c’est venu d’une discussion avec un pote, Clément, d’ailleurs gros bisous à lui. On parlait de voyages et il me dit : « Tu sais que dans le monde, il y a des endroits qu’on appelle zones bleues ? ». C’est synonyme de longévité, c’est dans ces zones que les gens vieillissent le mieux. Quand il m’a dit ça, ça m’a frappé, et c’est resté dans un coin de ma tête, je me suis tout de suite dit que ça ferait un bon titre de projet. En plus, ça va bien avec ma carrière, parce que ça fait vingt-cinq ans que je suis dedans, une belle longévité. J’ai creusé l’idée, j’ai fait des recherches sur Internet, j’ai vu que c’était aussi des zones de bien-être, donc ça allait parfaitement avec ce que je voulais faire.

AD : Les zones bleues correspondent au Japon, c’est ça ?

AK : Le Japon en fait partie, il y a également pas mal d’îles au large de ce qui est Amérique latine et cætera. J’invite tout le monde à aller faire une petite recherche Google (rires). J’aimerais bien clipper un titre dans une zone bleue, pourquoi pas.

AD : Après les projets Confiserie et Mr Bourbier, sortis en 2020 et 2021, tu fais preuve d’une toute nouvelle productivité, alors qu’on attendait la suite de Cracheur 2 Venin depuis 2007. Qu’est-ce qui explique ce changement de rythme ?

AK : Ce changement de rythme est dû à plein de choses. Après Cracheur 2 Venin en 2007, j’ai enregistré un album dans la foulée, qui n’est jamais sorti. Ça s’appelait Une petite vie, 100 histoires, c’est celui sur lequel il devait y avoir le fameux son avec Maître Gims. L’album a avorté pour des problèmes de label, et cætera, le temps est passé et je suis passé à autre chose. Ensuite, pendant presque dix ans, j’ai beaucoup travaillé avec Haroun, on a envoyé un morceau, des freestyles, on travaillait aussi sur un album, mais ça a pris du temps, ça n’a pas abouti. Par contre ça a été un sacré centre de formation, j’en suis ressorti transformé. C’était la salle du temps en vrai (rires).

AD : Même si tu ne sortais rien, tu restais quand même très actif.

AK : J’ai pas arrêté, ouais, je faisais sans arrêt des morceaux, que je jetais, je refaisais… Un vrai camp d’entraînement.

AD : De gros noms du rap ayant dépassé la quarantaine comme Booba ou Seth Gueko ont d’ores et déjà annoncé qu’ils avaient sorti leur dernier album. Est-ce que tu sens la fin arriver ou bien cette longue période sans projets te donne envie de rattraper le temps perdu ?

AK : Pour moi c’est que le début. C’est mon premier projet vraiment bossé à neuf titres, sur la version physique il y en a douze, pour moi c’est comme un album. C’est mon premier véritable album, donc c’est que le début, et j’ai pas envie d’arrêter.

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AD : D’ailleurs, je t’ai vu dernièrement partager un tweet après la Grünt d’Isha, à laquelle tu as participer qui disait quelque chose comme : « Pas mal ce petit Aketo, bon potentiel ».

AK : C’est cool, parce qu’il y a de nouveaux gens qui découvrent. Ça me rajeunit, c’est stylé.

AD : Dans le dernier album de Sniper, tu semblais avoir une place plus importante que sur les précédents, et les projets suivants t’ont permis de montrer un énorme éventail artistique. Était-ce une forme de libération de pouvoir enfin réellement te présenter auprès d’un public qui te connaît pourtant depuis si longtemps ?

AK : Oui, parce que dans un groupe, je ne peux pas montrer l’éventail de ce que je vais faire, ou mes goûts. Un groupe, c’est des compromis, faut se mettre d’accord sur une instru, un thème… On fait la synthèse de tout ça, je vais pas imposer mes goûts, le solo est un bien meilleur exercice pous ça.

AD : Est-ce dans cet esprit que tu as rappé « J’me sens comme si j’avais vingt ans avec vingt ans d’expérience » dans le morceau Versus de Sako ?

 

AK : Ouais, c’est lié à ce que l’on vient de dire. C’était pour me soulager du fait d’avoir quarante ans, pour me rajeunir (rires).

 

 

AD : C’est comme quand tu dis : « Sous teinture blonde, on me confond avec le Naps » dans On se connaît dans Le Classico Organisé ?

 

AK : Exactement, des petites phrases comme ça, c’est pour rigoler.

AD : Le morceau Bougie est en duo avec So La Lune, avec qui tu avais déjà collaboré sur Tsukito. La collaboration fonctionne extrêmement bien mais peut sembler improbable sur le papier tant vous venez d’univers opposés, comment s’est créée cette connexion ?

 

AK : On s’est rencontrés via un très bon pote qu’on a en commun, d’ailleurs, c’est celui qui s’occupe de lui, son manager, Alexis, gros bisous à lui. Quand So commençait à faire des maquettes il y a trois ou quatre ans, Alexis me disait de passer écouter, j’ai vu tout son parcours, toute son évolution. J’ai accroché direct, notamment parce qu’il a une voix identifiable parmi mille, on aime ou on aime pas mais c’est unique. J’aime bien son écriture et j’aime bien l’émotion qu’il dégage, ça me touche.

 

AD : Était-ce facile d’arriver sur des morceaux avec lui ? L’apprécier en tant qu’auditeur et collaborer avec sont deux choses différentes.

 

AK : En fait c’était facile, parce que pendant un an on était dans les mêmes studios, on se croisait souvent, on se faisait écouter nos trucs, on passait aussi des moments hors rap… Par exemple, pour le morceau Tsukito, j’étais en cabine, le titre était pour moi. Il passe, écoute, et me dit : « Vas-y, je pose dessus », et ça s’est fait vite. Bougie c’est pareil, je l’ai commencé, il était à côté, je lui ai demandé s’il était chaud de poser dessus, et ça s’est fait.


AD : Les deux autres featurings de l’album sont Infinit’ et Limsa d’Aulnay, considérés comme deux des meilleurs rimeurs actuels. Est-ce important de se frotter à des rappeurs aussi chevronnés pour rester dans l’air du temps ?

 

AK : C’est pas une question d’air du temps, c’est une question de niveau. Se frotter à des mecs comme ça ça fait peur, c’est effrayant, je peux me faire écrabouiller la tête à tout moment, donc moi ça me tire vers le haut. En plus du fait que ça soit mes potos, c’est des excellents rappeurs.

 

 

AD : D’ailleurs, Infinit’, c’est avec toi que je l’ai découvert à l’époque, sur le projet de DJ Weedim.

 

AK : J’ai posé sur son premier album, à Infinit’, sur le morceau Je reste de marbre, où il y avait aussi Daddy Jokno d’Afrojazz, ensuite on a fait Grinder avec Weedim, puis encore un autre sur Boulangerie Française Volume 1.


AD : Est-ce que ta participation au Classico Organisé fait également partie de ce processus de renouvellement ? Est-ce que cela t’a permis d’attirer de nouveaux auditeurs, qui ne connaîtraient pas Sniper et tout ce qu’il y a eu avant ?

 

AK : Non, c’est plutôt un plus, un petit bonus, le processus avait déjà commencé avant. On m’a invité et j’ai répondu à l’appel.

 

AD : Est-ce que cela t’a permis d’attirer de nouveaux auditeurs, qui ne connaîtraient pas Sniper et tout ce qu’il y a eu avant ?

 

AK : Ouais, je pense qu’il y en a. De temps en temps je vois des tweets drôles, comme on en parlait tout à l’heure, des gens qui pensent que je suis un nouveau, ça m’arrange un peu (rires).


AD : Même en sortant de nouveaux projets, une grande partie des concerts et tournées que tu fais avec Tunisiano sont plutôt axés sur les grands succès de Sniper. Est-ce que l’idée de faire une tournée solo avec tes derniers projets te travaille ?

 

AK : Ça me travaille tous les jours, une fois que t’as sorti ton projet, ce qui te démange, c’est d’aller le défendre sur scène, donc on est en train de voir. Ça se met en place.


AD : Il y a quelques années, tu as joué le rôle de l’arbitre dans le Versus de Still Fresh et S.Pri Noir, qui rendait hommage au classique Aketo VS Tunisiano. Est-ce important pour toi de transmettre l’esprit Sniper à travers les générations ?

 

AK : Franchement, je te dis la vérité, je ne m’attribue pas ce rôle-là, c’est pas important. C’est juste que quand on me sollicite, ça me fait plaisir, donc j’y vais.


AD : Le titre Bougie se termine par un sample de 13 Block. Dans sa cohésion et sa complémentarité, est-ce le groupe actuel qui te rappelle le plus le Sniper de l’époque ?

 

AK : Wouah, c’est incroyable ce que tu me dis. Tu sais quoi, y’a pas longtemps, j’ai été voir Stavo en concert, après on s’est capté et on a discuté avec les gars de 13 Block, et ils me disaient tous qu’ils ont beaucoup écouté Sniper. C’est vrai que l’énergie d’un groupe, y’en a plus beaucoup, parce qu’on est dans une époque individualiste, y’a quasiment plus que des artistes solo. Après, je sais pas si on peut les comparer à nous, ils sont eux aussi uniques.


AD : Pendant le confinement, vous avez lancé le Paname All-Stars Challenge, qui a permis à différents rappeurs et non-rappeurs de revisser votre classique. Cela a également donné lieu par la suite à une battle avec la Fonky Family. Quel bilan tires-tu de cette expérience ?

 

AK : Moi, personnellement, ça m’a beaucoup fait passer le temps pendant le confinement, et je crois que ça a fait passer le temps à plein de gens aussi, c’était cool de ouf. C’était ça l’idée de base, après je pensais pas que ça allait se répandre autant.

 

AD : Chaque fois que j’ouvrais les réseaux à cette période, je tombais sur un Gims ou un La Fouine qui sortait un nouveau couplet, j’avais l’impression d’être dans une dimension parallèle.

 

AK : Ça ne devait pas aller aussi loin, mais ça a égayé le quotidien de tout le monde et ça a donné un coup de jeune à notre morceau.


AD : Le clip Kartier est empreint d’une profonde mélancolie et laisse présumer de la quantité d’histoires en tous genres que tu as pu vivre avec le temps, d’où le titre de l’album avorté Une petite vie, 100 histoires. As-tu déjà envisagé, comme Manu Key par exemple, de raconter cela plus en détail sur un format livre ?

 

AK : En 2017, j’avais ouvert un blog, unepetitevie100histoires.com, il est plus à jour malheureusement. J’ai écrit quatre chapitres, j’allais continuer, et les premiers retours que j’ai eus me demandaient pourquoi j’en faisais pas un bouquin. J’ai continué à écrire, sans rien publier d’autre, mais ça prend du temps. Je suis dessus depuis 2017, mais entre temps, j’ai fait du studio, j’ai fait plein de trucs, j’ai pas eu le temps de vraiment m’y mettre, mais c’est toujours prévu.

 


AD : À quoi s’attendre de ta part en 2023 ?

 

AK : Un autre projet, inch’Allah. Il est déjà bien avancé, j’en suis à plus de la moitié, si je continue sur mon rythme, il sortira vite.

 

AD : On suivra ça avec attention sur Scred Magazine, comme toujours.

 

Interview réalisée par Adrien

 

Le projet Zone Bleue d’Aketo est disponible sur toutes les plateformes de streaming et en physique à la Scred Boutique.

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